OneSense

Ma démarche

Je préfère partir du travail à changer plutôt que de l'IA à utiliser.

On ne commence pas par une liste de cas d'usage ni par les fonctionnalités d'un outil. On commence par comprendre comment le travail se fait aujourd'hui : ce qui prend du temps, ce qui fonctionne mal, ce qui fonctionne déjà très bien et ce qu'on ne veut surtout pas perdre.

Ce que je crois, aujourd'hui.

L'IA est récente. Mais en presque 20 ans, j'ai vu d'autres technologies arriver avec la promesse de changer le travail. Cela influence forcément la façon dont je regarde ce qui se passe aujourd'hui.

01

Avec l'IA, on peut commencer partout. C'est justement le problème.

Les possibilités sont tellement nombreuses qu'on peut trouver des dizaines de choses à faire avec l'IA. Si on commence par l'outil, on trouve toujours quelque chose à lui faire faire. Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle.

Je me méfie aussi un peu du mot adoption. On peut compter beaucoup d'utilisateurs sans que rien ne se fasse réellement différemment. La question qui m'intéresse est ailleurs : qu'est-ce que les personnes et les équipes font autrement ?

Je préfère faire l'inverse : regarder le travail tel qu'il se fait vraiment, ce qui prend du temps, ce qui coince, ce qu'on aimerait faire mieux, mais aussi ce qui fonctionne très bien et qu'on ne veut surtout pas perdre. Puis demander : qu'est-ce qui mérite réellement de changer ? Ensuite seulement, on regarde ce que l'IA permet de faire autrement.

Utiliser davantage d'IA n'est pas l'objectif. Mieux travailler, oui.

02

Gagner du temps, oui. Mais pour en faire quoi ?

Je commencerais par ne pas additionner les heures « gagnées ». Si une personne réalise en une heure une tâche qui lui en prenait trois, le gain est réel. Mais l'entreprise n'a pas automatiquement gagné deux heures.

La vraie question commence après : que fait-on de ces deux heures ? Produire davantage ? Réduire un délai ? Améliorer la qualité ? Passer plus de temps avec un client ? Faire quelque chose qu'on ne pouvait pas faire auparavant ?

C'est pourquoi je regarde toujours les gains à trois niveaux : la personne, l'équipe, puis l'entreprise. Le gain personnel donne envie de travailler autrement. Le gain collectif rend le changement visible. Mais la valeur ne se décrète pas : il faut organiser son passage d'un niveau à l'autre.

PersonneÉquipeEntreprise

Un gain de temps n'est pas encore un gain pour l'entreprise.

03

Accepter que changer vraiment prenne du temps.

Une bonne décision ne suffit pas à faire changer une organisation. Il faut des personnes qui incarnent les nouvelles pratiques, un espace pour essayer, des décisions, des ajustements, des ratés, des allers-retours entre ce qu'on avait imaginé et ce qui se passe réellement sur le terrain.

C'est là que se joue le lien entre l'ambition, les décisions et le travail quotidien. Une entreprise peut décider d'accélérer sur l'IA sans que cela dise encore ce qui change lundi matin dans le travail des équipes.

Je crois à l'action : tester, apprendre, corriger, recommencer. Mais aussi à la patience et à la résilience, parce que certaines nouvelles pratiques ont besoin de temps pour s'installer.

Le temps long n'est pas l'inverse de l'action. C'est ce qui permet à l'action de tenir.

04

Ne pas laisser l'IA décider à notre place de ce que nous voulons devenir.

Nous passons beaucoup de temps à nous demander ce que l'IA saura faire mieux, plus vite ou à notre place. Je préfère poser la question inverse : qu'est-ce que nous voulons continuer à cultiver chez nous ? La relation, le jugement, la confiance, la coopération, la responsabilité, l'attention à l'autre, la capacité à comprendre un contexte.

Je ne crois pas beaucoup aux listes rigides de « ce qui restera à l'humain » : la frontière continuera de bouger. Mais plus l'IA progresse, plus nous devons cultiver ce qui nous rend humains.

C'est vrai aussi pour une entreprise. À l'heure où tout le monde lui demande de se projeter dans le futur avec l'IA, il me paraît utile de revenir d'abord à son histoire, à sa genèse, à ses valeurs réelles, à sa culture, à ses savoir-faire et à sa relation aux clients. On ne construit pas son futur à partir d'une page blanche.

Savoir qui l'on est aide à décider de ce que l'on veut devenir.

ALIGN

Les cinq étapes.

A

Analyser

Comprendre comment on travaille aujourd'hui

Comment travaille t on aujourd'hui ?

On part du terrain. On regarde les tâches, les processus, les outils, le temps passé, les irritants, les rôles et les interactions. Mais aussi ce qui fonctionne bien et ce qu'il est important de préserver.

Ce qu'on fait ensemble

  • Observer les tâches, processus, outils et interactions
  • Identifier les irritants et les points de friction
  • Repérer ce qui fonctionne bien et doit être préservé
  • Clarifier ce qu'on veut améliorer et ne pas perdre

À la fin

  • On commence à voir le travail réel : pas seulement les processus décrits, mais aussi le temps, les irritants et ce qui fait la qualité de ce qu'on produit.
  • On a une idée plus nette de où le temps part, par exemple dans les allers retours, les tâches répétitives ou les attentes entre deux étapes.
  • On distingue mieux ce qu'on a envie d'améliorer de ce qu'il vaut mieux ne pas toucher.

L

Localiser

Trouver où l'IA peut vraiment aider

Où pourrait on réellement gagner quelque chose avec l'IA ?

On regarde ce que l'IA permet désormais de faire plus vite, mieux ou autrement. Toutes les possibilités ne valent pas la peine d'être poursuivies. On choisit celles qui peuvent réellement faire une différence.

Ce qu'on fait ensemble

  • Explorer ce que l'IA permet de faire plus vite, mieux ou autrement
  • Écarter les possibilités sans réel impact
  • Sélectionner les usages qui ont le plus de potentiel
  • Justifier pourquoi ces efforts méritent d'être concentrés

À la fin

  • On a identifié quelques endroits où l'IA pourrait vraiment faire une différence : un premier draft, une synthèse, une recherche, une relecture, une réponse client…
  • On a mis de côté les idées séduisantes mais floues, ou celles dont le coût de mise en place dépasse probablement le gain.
  • On a une première idée de où concentrer l'effort et de quoi il faudrait vérifier pour en être sûr.

I

Imaginer

Concevoir une nouvelle façon de travailler

Comment pourrait on faire autrement ?

On ne cherche pas simplement à ajouter un outil IA à la façon de travailler actuelle. On regarde ce que pourrait faire l'IA, ce que doit continuer à faire l'humain, ce qui pourrait disparaître, être simplifié ou être fait autrement.

Ce qu'on fait ensemble

  • Distinguer ce que l'IA peut faire de ce que l'humain doit garder
  • Imaginer ce qui pourrait disparaître, être simplifié ou changé
  • Préserver ce qui compte dans la façon de travailler de l'entreprise
  • Se demander : si on devait organiser ce travail aujourd'hui avec l'IA, comment ferait on ?

À la fin

  • On a une hypothèse claire de ce que l'IA pourrait faire, ce que l'humain garderait, et ce qui pourrait disparaître ou être simplifié.
  • On a esquissé une nouvelle séquence de travail : moins de réunions de relecture, plus de temps pour la décision ou la relation, par exemple.
  • La pratique a été pensée avec les équipes : elle tient compte de ce qui compte pour elles et elle est compréhensible pour ceux qui vont l'utiliser.

G

Gagner & mesurer

Vérifier ce qu'on y gagne vraiment

Qu'est ce qu'on y gagne vraiment ?

On teste dans les conditions réelles. On compare avant et après. Et on regarde les gains à trois niveaux : personne, équipe, entreprise.

Ce qu'on fait ensemble

  • PERSONNE Pourquoi ai je intérêt à travailler autrement ?
  • ÉQUIPE Qu'est ce que cela améliore dans notre travail collectif ?
  • ENTREPRISE Qu'est ce que cela change réellement pour l'entreprise ?
  • Mesurer ce qui compte : temps, qualité, capacité, délais, satisfaction, coûts, chiffre d'affaires, marge…

À la fin

  • On a commencé à mesurer avant / après : un rapport qui prenait deux jours en prend maintenant quatre heures, une réponse client arrive en quelques minutes au lieu de quelques heures.
  • On voit qui gagne du temps, si l'équipe en ressent les bénéfices, et si le manager ou le client perçoivent une différence.
  • On a assez d'éléments pour se poser la question : est ce qu'on généralise, est ce qu'on ajuste, ou est ce que ça ne vaut pas le coup de poursuivre ?

N

Nouvelles pratiques

Faire adopter et diffuser

Comment faire pour que ça devienne réellement notre façon de travailler ?

Une expérimentation réussie ne suffit pas. Il faut que la nouvelle pratique trouve sa place dans le quotidien. On travaille sur l'adoption avec les équipes et les managers, et on regarde comment diffuser ce qui fonctionne.

Ce qu'on fait ensemble

  • Travailler l'adoption avec les équipes et les managers
  • Faire évoluer les habitudes, compétences, rôles, processus et outils
  • Rendre cohérents les objectifs et les interactions entre équipes
  • Diffuser ce qui fonctionne pour faire bénéficier plus largement l'entreprise

À la fin

  • La pratique semble s'inscrire dans le quotidien : elle figure dans les processus, les outils, les rôles ou les habitudes de l'équipe.
  • Les managers ont une idée de comment accompagner leur équipe, repérer les blocages et faire évoluer les compétences au bon rythme.
  • Ce qui fonctionne dans une équipe commence à être transmis ailleurs, avec les ajustements nécessaires pour qu'il prenne dans un autre contexte.

Ce qu'on mesure

Personne, équipe, entreprise.

01

Personne

Un usage permet de gagner du temps ou d'éviter certaines tâches.

02

Équipe

Le travail collectif change : qualité, délais, capacité ou répartition du travail.

03

Entreprise

Le gain produit un résultat réel parce que l'organisation décide quoi en faire.

D'autres approches qui nourrissent ma pratique

ALIGN est aujourd'hui le cadre que j'utilise pour travailler sur l'IA et les nouvelles façons de travailler. D'autres approches conçues au fil de mes missions continuent aussi à nourrir ma façon d'intervenir.

Sprint d'alignement stratégique

Créer rapidement un langage commun, faire émerger les vrais points de désaccord et permettre à une équipe de décider ensemble.

Découvrir l'approche →

Clarifier la proposition de valeur

Clarifier ce que l'on cherche réellement à créer pour un client, un utilisateur ou un métier avant de construire la solution.

Découvrir l'approche →

Par quel travail voulez vous commencer ?